Les Maneki-Neko du Gotoku-Ji
Au Japon, ce chat est partout : dans les boutiques, les restaurants, les maisons, et jusque dans les temples. Son nom ? Maneki-Neko, que l’on peut traduire par « chat qui accueille » ou « chat qui invite ». Avec sa patte levée comme s’il vous faisait signe d’approcher, il est devenu l’un des symboles japonais les plus reconnaissables à travers le monde, au même titre que les cerisiers en fleurs ou le mont Fuji. Mais si vous voulez découvrir une impressionnante collection de ces petits félins porte-bonheur, c’est du côté du Gotoku-Ji, à Setagaya, à l’ouest de Tokyo, qu’il faut vous rendre. Accessible facilement en train depuis le centre de la capitale, ce temple bouddhiste possède une particularité assez originale : des milliers de Maneki-Neko y sont rassemblés, donnant au lieu une atmosphère étonnante et photogénique.
Un chat qui vous veut du bien
Le Maneki-Neko est traditionnellement représenté assis, avec une ou deux pattes levées. Il tient parfois une pièce ou un autre symbole de prospérité. La patte levée a aussi sa signification : selon la tradition populaire, un Maneki-Neko qui lève la patte gauche attirerait plutôt les clients et les visiteurs, tandis que la patte droite serait associée à la chance et à la prospérité financière. Lorsque les deux pattes sont levées, il favorise la protection et la bonne fortune sur tous les fronts en chassant les mauvais esprits. Rien que ça. Les couleurs ont elles aussi leur signification. Le modèle blanc, qui est le plus courant, est généralement associé à la chance et à la pureté. Le doré évoque la richesse et la prospérité, le noir est traditionnellement considéré comme protecteur. On trouve également des Maneki-Neko roses, particulièrement appréciés pour tout ce qui touche à l’amour. Il existe donc toute une variétés de chats porte-bonheur, chacun ayant son caractère et ses promesses.
Gotoku-Ji, le temple aux milliers de chats
C’est cette tradition que vous pouvez découvrir au Gotoku-Ji, un temple situé à Setagaya, à l’ouest de Tokyo. Quelques correspondances en train suffisent pour quitter progressivement l’agitation tokyoïte et rejoindre un quartier plus résidentiel. Une fois arrivé, le changement d’ambiance est assez relaxant. Le complexe du temple est installé dans un environnement paisible et verdoyant, où vous pourrez prendre le temps de vous promener entre les différents bâtiments. Un pavillon, une pagode, et un cimetière composent notamment le site, dans une atmosphère bien plus calme que celle des quartiers plus animés de Tokyo. Et puis, au détour de votre visite, vous découvrirez ce qui fait la réputation du lieu : le Shofuku-Den, un pavillon dans lequel sont rassemblées les milliers de statuettes de Maneki-Neko. Ils sont partout. Sur les étagères, regroupés sur les présentoirs, alignés les uns à côté des autres : de minuscules statuettes qui peuvent tenir dans le creux de la main côtoient des modèles nettement plus imposants. Tous affichent cette même expression tranquille et cette fameuse patte levée, dans une grande réunion consacrée à la bonne fortune. Cette multitude ne donne cependant pas une sensation de désordre. Au contraire, cette répétition de chats dans la même posture forme un ensemble presque hypnotique. Il y a quelque chose d’à la fois très japonais et délicieusement décalé dans cette accumulation épurée et organisée.
Une tradition que vous pouvez rejoindre
Les visiteurs peuvent participer eux aussi en achetant un Maneki-Neko sur place, et le déposer parmi ceux qui sont déjà présents au Shofuku-Den. Vous pouvez donc repartir avec votre propre petit chat porte-bonheur, ou décider de le laisser sur place après lui avoir confié à votre tour quelques vœux ou espoirs. C’est aussi ce qui rend la visite intéressante : la collection n’est pas figée. Au fil du temps, de nouveaux chats viennent rejoindre leurs congénères. Chaque statuette participe ainsi à cette impression de série sans fin où il n’y en a jamais ni assez, ni trop.
Une parenthèse paisible autour de Tokyo
Si les Maneki-Neko constituent l’attraction la plus surprenante du Gotoku-Ji, ils ne doivent pourtant pas faire oublier le temple lui-même. Le site mérite que vous preniez le temps de vous promener sans chercher immédiatement le fameux pavillon aux chats. Les jardins, les bâtiments traditionnels, la pagode et les différents espaces du complexe offrent une parenthèse agréable loin du tumulte du centre de Tokyo. C’est justement cette atmosphère paisible qui rajoute tout de l’intérêt à la visite : après avoir parcouru les quartiers très fréquentés de la capitale, vous pourrez ici ralentir le rythme, flâner entre les arbres et profiter simplement du calme des lieux. Le Gotoku-Ji est donc bien plus que le « temple des chats » où l’on vient accumuler de jolies photos. C’est une découverte originale à faire autour de Tokyo, qui permet de mêler culture populaire japonaise, traditions, architecture et promenade dans un cadre particulièrement agréable. Alors, si vous cherchez une idée de sortie un peu relaxante lors de votre séjour à Tokyo, n’hésitez pas à prendre le train pour Setagaya. Accordez-vous quelques heures pour découvrir le Gotoku-Ji, parcourir ses jardins et aller à la rencontre de ses milliers de petits habitants à la patte levée. Et si vous vous laissez séduire, vous saurez quoi faire : adopter votre propre Maneki-Neko et, à votre manière, contribuer à agrandir encore cette impressionnante assemblée de chats porte-bonheur.


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